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Plan de passation des marchés publics : guide pour les collectivités

Le plan de passation des marchés publics est une obligation pour certaines collectivités et une bonne pratique pour toutes. Comment le construire, que doit-il contenir et comment le tenir à jour.

Plan de passation des marchés publics : pourquoi toutes les collectivités devraient en avoir un

Le plan de passation des marchés publics est l'un des outils les moins connus et les moins utilisés dans les collectivités territoriales de taille moyenne. Beaucoup d'acheteurs publics n'en ont jamais produit. Certains ne savent pas que ça existe. D'autres savent que c'est une bonne pratique mais n'ont jamais trouvé le temps de s'y mettre.

Pourtant, c'est l'outil qui évite le plus d'urgences inutiles : le marché d'entretien qui expire sans qu'on l'ait vu venir, l'appel d'offres lancé en catastrophe en novembre pour un démarrage en janvier, la direction qui découvre en août qu'elle n'a plus de prestataire de nettoyage à la rentrée.

Voici ce qu'est le plan de passation, qui y est obligé, comment le construire et comment le faire vivre.

Ce qu'est le plan de passation des marchés publics

Le plan de passation est un document prévisionnel qui liste l'ensemble des marchés publics qu'une collectivité prévoit de lancer sur une période donnée, généralement l'exercice budgétaire en cours ou les douze mois à venir.

Pour chaque marché prévu, il indique a minima : l'objet du marché, le montant estimé, le type de procédure envisagée, la date de lancement prévue, la date souhaitée de notification, et le service ou la direction concernée.

C'est à la fois un outil de planification interne (qui fait quoi et quand) et un outil de communication externe (les entreprises qui veulent travailler avec la collectivité peuvent anticiper les consultations à venir).

Qui est obligé d'en produire un

L'obligation réglementaire

L'article R2132-1 du Code de la commande publique impose aux acheteurs soumis aux procédures formalisées de publier, au plus tard le 31 décembre de chaque année, un avis de préinformation ou un profil d'acheteur listant les marchés qu'ils prévoient de passer dans les douze mois suivants, pour les marchés dont la valeur estimée dépasse les seuils de procédure formalisée.

En pratique, cette obligation concerne les marchés de fournitures et services supérieurs à 216 000 euros HT et les marchés de travaux supérieurs à 5 404 000 euros HT. Pour les collectivités qui ne passent que des MAPA, il n'y a pas d'obligation réglementaire stricte.

La bonne pratique pour toutes les collectivités

Mais l'obligation réglementaire est le plancher, pas le plafond. Un plan de passation est utile pour n'importe quelle collectivité qui passe plus d'une dizaine de marchés par an, quelle que soit leur taille.

Une commune de 8 000 habitants avec une vingtaine de marchés MAPA à gérer chaque année bénéficie autant d'un plan de passation qu'une métropole avec des procédures formalisées. La différence, c'est que la commune de 8 000 habitants peut le faire en deux heures sur une feuille de tableur, là où la métropole mobilise une équipe pendant plusieurs semaines.

À retenir : le plan de passation n'est pas réservé aux grandes collectivités. C'est un outil de planification adapté à toute organisation qui gère des marchés récurrents et veut éviter les ruptures de service liées à des renouvellements non anticipés.

Ce que le plan de passation doit contenir

Les éléments de base

Pour chaque marché prévu ou à renouveler dans les douze mois à venir, le plan de passation doit contenir les informations suivantes.

L'identification du marché : intitulé, famille d'achat selon votre nomenclature, direction ou service émetteur.

Le montant estimé : pas besoin d'une estimation au centime près, mais d'un ordre de grandeur suffisant pour déterminer la procédure applicable. Si l'estimation est incertaine, indiquez une fourchette.

La procédure envisagée : dispense totale, MAPA, appel d'offres ouvert ou restreint, dialogue compétitif. Le choix de procédure doit être cohérent avec le montant estimé et les seuils 2026 en vigueur.

Le calendrier : date de lancement de la procédure, date limite de remise des offres, date souhaitée de notification. Ces dates doivent être cohérentes avec les délais minimaux imposés par le CCP pour chaque type de procédure.

Le statut : à lancer, en cours, notifié, à renouveler. Une mise à jour mensuelle du statut permet de piloter l'avancement en temps réel.

Un exemple de structure pour une commune de taille moyenne

MarchéFamille d'achatMontant estiméProcédureLancement prévuNotification souhaitéeStatut
Entretien espaces vertsEntretien85 000 € HTMAPAFévrierAvrilA lancer
Fournitures bureauFournitures35 000 € HTDispenseMarsAvrilA lancer
Maintenance informatiqueNumérique42 000 € HTMAPAJanvierMarsEn cours
Travaux salle des fêtesTravaux380 000 € HTMAPAAvrilJuilletA lancer
Assurances flotteAssurances28 000 € HTMAPAOctobreDécembreA planifier

Ce tableau suffit pour une commune de 10 000 habitants. Il prend deux heures à constituer en début d'exercice et trente minutes par mois à mettre à jour.

Comment construire le plan de passation

Etape 1 : recenser les marchés arrivant à échéance

La première source d'information est votre liste de marchés en cours. Pour chaque marché, notez la date de fin et la durée de la procédure de renouvellement nécessaire.

Un marché MAPA simple peut être relancé en six à huit semaines. Un appel d'offres nécessite au minimum trois à quatre mois, délais incompressibles inclus. Remontez dans le temps à partir de la date de fin souhaitée pour calculer la date de lancement.

Un marché qui expire en mars doit être relancé en novembre pour un appel d'offres, en janvier pour un MAPA. Si vous êtes en décembre et que vous n'avez pas encore lancé, vous êtes en retard.

Etape 2 : recenser les besoins nouveaux

Au-delà des renouvellements, interrogez les directions sur leurs besoins prévus pour l'année à venir. Investissements planifiés dans le budget primitif, projets identifiés en comité de direction, besoins récurrents non encore encadrés par un marché.

Cette collecte d'information prend du temps mais elle est indispensable pour éviter les demandes d'achat urgentes en cours d'exercice, souvent synonymes de procédures bâclées ou de commandes hors marché.

Etape 3 : prioriser et séquencer

Une fois la liste consolidée, regardez le calendrier global. Avez-vous des pics de lancement (plusieurs procédures à conduire simultanément en février et mars) qui dépassent votre capacité ? Si oui, anticipez en lançant certains marchés plus tôt, ou en mutualisants certains besoins pour réduire le nombre de procédures.

La séquence idéale : les marchés les plus complexes (appels d'offres, marchés pluriannuels importants) en début d'année, les MAPA simples tout au long de l'exercice, les marchés urgents ou imprévus traités avec la procédure la plus légère possible.

Etape 4 : partager le plan avec les directions

Un plan de passation gardé dans le bureau de l'acheteur ne sert à rien. Il doit être partagé avec les directions concernées, idéalement en réunion de lancement d'exercice, pour que chaque service sache quand sera lancée la procédure qui le concerne et quand il pourra commencer à utiliser le marché.

Ce partage a un deuxième bénéfice : il responsabilise les directions sur la transmission de leurs expressions de besoin dans les délais. Une direction qui sait que son marché de nettoyage sera lancé en mars doit avoir transmis ses spécifications en janvier. Sans cette échéance visible, la transmission arrive souvent trop tard.

Comment faire vivre le plan tout au long de l'année

Un plan de passation produit en janvier et jamais mis à jour en cours d'année perd rapidement sa valeur. Il faut le traiter comme un outil de pilotage vivant, pas comme un rapport annuel.

Revue mensuelle : mettez à jour le statut de chaque marché. Les procédures lancées passent en "en cours", les marchés notifiés passent en "notifié", les nouveaux besoins identifiés sont ajoutés.

Revue trimestrielle avec la direction générale : présentez l'état d'avancement global. Combien de procédures ont été lancées ? Lesquelles sont en retard sur le calendrier prévu ? Quels risques de rupture de service sont identifiés pour le trimestre suivant ?

Mise à jour après chaque décision budgétaire : une décision modificative en cours d'exercice peut créer de nouveaux projets à encadrer par des marchés. Ces projets doivent être intégrés au plan de passation dès que la décision est prise, pas en fin d'exercice.

Le lien avec votre cartographie des achats

Le plan de passation et la cartographie des achats sont deux outils complémentaires qui se nourrissent mutuellement.

La cartographie vous dit ce que vous avez acheté et auprès de qui. Le plan de passation vous dit ce que vous allez acheter et quand. Ensemble, ils couvrent le passé et le futur de vos achats.

Un outil de pilotage qui centralise les deux vous permet de croiser automatiquement vos marchés en cours (avec leurs échéances) avec vos dépenses réelles (pour vérifier que les volumes sont cohérents avec les marchés) et vos prévisions de besoins (pour anticiper les procédures à venir).

C'est exactement ce que Stratt permet de faire : suivi des marchés en cours avec alertes d'échéance, cartographie des dépenses en temps réel depuis Astre, et vue consolidée des procédures à lancer. Demander une démonstration pour voir comment ça s'articule sur vos données.

Source réglementaire : article R2132-1 du Code de la commande publique sur legifrance.gouv.fr. Voir aussi : seuils marchés publics 2026, appel d'offres collectivité, MAPA 2026, cartographie achats publics.

Stratt automatise le suivi de ces seuils pour votre collectivité.

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